La méditation en entreprise : une entrée vers la spiritualité au service du développement

La méditation est à la mode en Occident. On trouve de nombreux articles et intervenants d’univers divers qui nous incitent à nous adonner à ces « assises » ou momentd’intériorité.

On peut citer Frédéric LENOIR, philosophe et écrivain, qui a fondé la fondation SEVE pour former des animateurs d’ateliers de philosophie et de méditation avec les enfants à partir de 4 ans. Le corps médical l’applique également. Christophe ANDRE, psychiatre, a introduit la méditation de pleine conscience à l’hôpital Sainte Anne. Enfin, à Strasbourg, l’Université propose un Diplôme de Médecine Méditation et Neurosciences pour les professionnels de la santé. Récemment, ce sont les entreprises qui s’y essaient.

D’où vient la méditation ?

On le voit, le champ d’application est large. Et il est ancien et étendu dans le monde entier également.

On retrouve en effet la méditation dans toutes les religions dès le Vème siècle avant JC, quand le bouddhisme propose de la méditation au nord de l’Inde. Puis, le Tao, en Chine, la mentionne. En Grèce antique, les médecins pratiquaient pour eux-mêmes et pour leurs patients. Enfin, dans les religions monothéistes, en occident, on parlera plus facilement de prière.

Comment peuton définir la méditation ?

Selon Jean-Gérard BLOCH, médecin, fondateur du diplôme universitaire de méditation médecine et neurosciences de Strasbourg, on peut trouver plusieurs définitions : « Champ de connaissance théorique et pratique sur le fonctionnement humain dans son être au monde », « Science de l’expérience vécue », « Art de la relation à soi, aux autres et au monde » entre autres. On pourrait résumer cela à une recherche de sérénité interne.

Pour pratiquer la méditation et rentrer en contact avec soi-même, nul besoin de matériel ! S’asseoir « dignement », le dos droit et commencer à être attentif à ce qui se passe à l’intérieur de soi, dans ses pensées, et accueillir ce qui vient dans le non jugement de soi. Bien sûr, plusieurs types de méditation existent, guidées ou pas. La recherche fondamentale d’être mieux dans sa vie reste par contre unique avec comme ligne de mire de maîtriser ses réactions intimes face aux aléas de la vie.

Si l’on comprend bien la volonté personnelle de développement personnel, l’attrait de la méditation par les entreprises, orientées vers la rentabilité et l’efficacité peut paraître plus étonnante. Il est sûrement dû à l’apport des neurosciences sur le sujet. Depuis plus de 20 ans, des études démontrent scientifiquement, grâce aux mesures que les IMR font du cerveau, que la méditation a des impacts forts sur la concentration et l’efficacité des pratiquants.

L’engouement pour la méditation

En 1999, le professeur Richard Davidson et Jon Kabat-Zinn, père de la mindfulness ou méditation de pleine conscience (méditation laïque), lancent une grande étude en entreprise sur plusieurs mois. Les résultats sont marquants : les nouveauxméditants montrent -12% d’anxiété et +5% d’anticorps dans leurs analyses sanguines, les rendant plus forts face aux maladies.

En 2007, des mesures du cerveaux chez des méditants experts (dont Matthieu RICARD, docteur en génétique cellulaire et moine tibétain, traducteur du Dalaï Lama) valident les effets positifs de la méditation sur l’activité du cerveau.

La méditation est donc une source d’amélioration de la concentration et des performances qui attire de plus en plus d’entreprises.

Depuis 2008, Google propose des séances de mindfulness à ses employés. Et les apports se font ressentir pour les salariés et pour l’entreprise.

Pour le salarié : amélioration de son bienêtre intérieur, de sa prise de recul sur les situations de la vie.
Pour lentreprise : meilleure implication, prise de recul et efficacité croissante des salariés.

Enfin, dans une période où les études auprès des jeunes générations, les milléniales, montrent leur préoccupation de donner du sens à leur travail, allier méditation et mode de fonctionnement humaniste, permet d’attirer et de garder ces candidats.

Au-delà de la méditation, c’est aussi une prise de recul sur l’entreprise que l’on souhaite proposer aux équipes, avec ses valeurs actives et ses modes de fonctionnement, qui semble au cœur des réflexions des dirigeants d’entreprises innovantes. Simon Sinek parle du « Pour quoi » on fait les choses. Les philosophies orientales parlent de sens et de respect.

Anne-Laure Bosser

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